Chroniques de l’ISS – #7

Les scaphandres des astronautes

[22 juin 2021]

Au moment où nos vaillants astronautes effectuent plusieurs EVA pour rajouter des panneaux solaires d’un nouveau modèle à l’ISS, il serait intéressant de nous pencher sur ces super protections, qui sont de véritables mini stations spatiales. Je ne parlerai que des combinaisons pour effectuer des EVA. Il existe des scaphandres plus légers pour les allers/retours avec la Terre.

Si on a fait des progrès depuis l’époque Mercury/Gemini/Apollo ou Vostok, le principe est toujours le même : assurer le maximum de protection des astronautes lorsqu’ils sont dans le vide de l’espace.

Les différents types de scaphandres (spacesuits en anglais) : il y a deux types de scaphandre, l’américain et le russe. L’américain s’appelle EMU : Extra Vehicular Mobility Unit et le russe Orlan (veut dire aigle en russe).

Le scaphandre américain : l’EMU


Crédit : NASA

L’EMU est principalement composé de deux parties : le vêtement lui-même, en deux parties aussi : le haut et le bas (SSA : Space Suit Assembly) et le “sac à dos” PLSS (Portable Life Support System). L’astronaute est d’abord équipé d’un sous-vêtement à régulation thermique et de…couches culottes ! L’ensemble pèse environ 130kg. Il possède 14 couches différentes pour se protéger contre les micro-météorites et la température.

L’EMU est un peu plus grand que l’Orlan, russe et ceci ne lui permet pas d’accéder à la station par tous les ports possibles (bizarre quand même !!); l’astronaute équipé d’un EMU américain ne peut qu’emprunter l’écoutille du module Quest (voir chronique précédente). Il est très dur pour un astronaute de s’équiper seul avec cet ensemble, il lui faut de l’aide.

Le tissu comprend de l’acier inoxydable. Équipé d’un mini réacteur (jets d’azote) permettant de regagner l’ISS si nécessaire. Les bandes rouges permettent de distinguer qui est qui lors d’une EVA.

Fabricant : ILC (International Latex Corp) bien connu depuis les années 1960. Autonomie pendant une sortie : environ 9 heures.

Comme dit lors de la dernière chronique, l’air à l’intérieur du scaphandre est de l’Oxygène pur sous une pression de 0,3 bar. Il y a deux bouteilles d’Oxygène plus une réserve d’urgence.

L’EMU assure aussi la régulation en température de l’ensemble, n’oublions pas qu’en cas d’EVA prolongée, on subit un passage nuit/jour toutes les 90 minutes. Voir ici les différents composants de l’EMU.

Le scaphandre russe : l’Orlan


Crédit :  Zvesda

L’Orlan est d’une seule pièce, la partie arrière comportant les réserves d’eau et d’oxygène et toute l’électronique s’ouvre comme une porte de réfrigérateur et le cosmonaute se glisse dedans tout seul. L’Orlan peut accéder à l’ISS par toutes entrées/sorties prévues. Il pèse 120 kg et est composé de tissus de feuilles d’alu.
L’Orlan est fabriqué par la société russe Zvezda qui a fabriqué tous les scaphandres de la joyeuse époque de Gagarine aux équipements lunaires. Signalons que ce scaphandre est équipé d’un mini système électrique de sécurité qui lui permet de retourner à la station s’il s’est éloigné de trop. Pression : 0,4 bar d’oxygène.

En commun

Bien entendu ces deux types de scaphandres ont pour but de réguler la température, l’humidité et l’oxygène à l’intérieur afin de permettre une sortie dans l’espace la plus longue (7 à 8 heures) et la plus aisée possible. Ils comportent aussi les réserves en Oxygène et en eau

La pression d’oxygène dans l’Orlan est plus grande que dans l’EMU, si bien que la période d’adaptation avant l’équipement du scaphandre (comme pour les plongeurs en eaux profondes) est de 30 minutes d’oxygène pur, alors que pour l’EMU il est d’une heure ou plus. On ne peut donc pas sortir sur un coup de tête !! De plus il faut adapter la pression de l’ISS avant la sortie, donc c’est une opération qui doit être parfaitement planifiée.

C’est donc un rêve quand on voit Bruce Willis le sauveur planétaire sauter dans son scaphandre et quitter la station en péril en quelques minutes. Il ne sait pas qu’il a échappé aux accidents des profondeurs des plongeurs. Ne le lui dites pas !

Continuation de la construction de l’ISS

Crédit : NASA

Les Russes voulant avoir leur propre sas, comme les Américains ont leur Quest ; ils ajoutent le PIRS (ponton en russe) lancée en Septembre 2001 par une Soyuz et qui va s’amarrer automatiquement au module Zvezda ; il sera mis en service par les astronaute de l’Expedition 3. On voit ici sa mise en service par des cosmonautes Russes.

Il va non seulement servir de sas pour les cosmonautes, mais aussi de port d’amarrage pour les Progress et Soyuz. Plus tard, un autre module sera placé côté Zénith.

Jean-Pierre Martin
Prochaine chronique : Les besoins naturels…