Chroniques de l’ISS – #10

La construction continue

[11 juillet 2021]

Mais on ne fait pas que manger à bord de l’ISS, la construction de la station évolue en permanence. Jusqu’aux années 2007, ce sont principalement les éléments de poutre (panneaux solaires, instruments..) qui sont transportées par les divers équipages. Si bien que l’ISS commence à avoir à peu près son allure définitive. C’est à partir de fin 2007 que de nouveaux importants modules vont être apportés.

Le module Harmony ou Node 2, construit par les Européens (Thales Alenia) est transporté par la navette STS-120 en octobre 2007 et assemblé à la station. Il doit servir de liaison entre Destiny, le module américain et les futurs laboratoires européen Columbus et japonais Kibo qui viendront avec les missions suivantes.

Crédit : NASA/ESA

Sur cette photo on voit encadré en rouge le module Harmony avec à gauche le laboratoire européen Columbus et à droite le laboratoire japonais Kibo. Derrière le module Harmony se trouve le module Destiny dont nous avons déjà parlé.
Ce module pressurisé (70 m3 de volume utile) est un nœud, c’est-à-dire qu’il comporte six ports d’amarrage pour connexion aux autres modules/vaisseaux de ravitaillement. Comme signalé dans l’épisode précédent, ce module comprend la génération d’électricité, d’air et d’eau.

Les Russes ajoutent en novembre 2009 un module Poisk (ou MRM2) devant remplacer à terme le module Pirs, dont il s’inspire car arrivé en fin de vie. Ce module doit permettre l’arrimage de vaisseaux spatiaux et la sortie de cosmonautes russes pour EVA.

Crédit : Creative Commons

Justement intéressons-nous à la partie russe de l’ISS, elle est maintenant presque complète. On voit ici les principaux modules de la paetie russe de l’ISS ; de gauche (arrière de l’ISS) à droite (connexion avec la partie US au nœud Unity) : les modules Zvesda et Zarya, entre ces deux modules se trouve les nœud d’échange Poisk (en haut) auquel est attaché un Soyuz et le nœud d’amarrage Pirs (en bas) auquel est attaché un Progress. On remarque à l’extrême droite un nœud Rassvet servant de port d’amarrage et d’espace de stockage. À l’extrême gauche un Progress est attaché au port d’amarrage de Zvesda, il pourra accueillir plus tard les ATV européens.

C’est dans la partie russe (Zvesda) que s’effectue le contrôle total de guidage et de navigation de l’ISS. Notamment les manœuvres d’évitement en cas de débris spatiaux et les manœuvres de remontées d’orbite due à la trainée du peu d’atmosphère restante à 400 km d’altitude.

Crédit : Leebrandoncremer pour Creative Commons

Les modules russes sont aussi équipés de nombreuses petites ouvertures et hublots permettant d’étudier l’extérieur. On le voit sur cette photo représentant toutes les ouvertures de ces modules. Depuis quelques temps, on note aussi une fuite d’air minime mais constante provenant du module Zvesda, on ne l’a pas encore trouvée, mais à priori ce n’est pas dangereux pour le moment. Néanmoins il va falloir y remédier. Ces modules russes sont parmi les plus anciens de l’ISS, ils commencent à dater….Tous ces modules sont opérés par l’agence Russe Roscosmos.

Jean-Pierre Martin
Prochaine chronique : Les poutres et panneaux solaires.