L’astronome Eugène Antoniadi

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L’astronome Eugène Michel Antoniadi est né il y a 150 ans jour pour jour, le 1er mars 1870 à Constantinople, dans une famille grecque. Inspiré par les livres de Camille Flammarion, il commence à l’âge de 18 ans ses premières observations à Constantinople et à Prinkipo, île de la mer de Marmara. Il envoie régulièrement à Camille Flammarion ses observations et la plupart de celles-ci commencent à être publiées dans l’Astronomie.

En 1893, il vient à Paris. Camille Flammarion met l’observatoire de Juvisy à sa disposition en lui offrant la position d’astronome adjoint. Le contrat est signé le 27 octobre 1895. Il commence, avec l’équatorial de 24 centimètres, la série de ses observations, en particulier celles de la planète Mars. Pendant son séjour à Juvisy, il fait de nombreuses et très remarquables observations astronomiques, entre autres du Soleil, de Vénus, de Mars, de Jupiter, des objets de Messier. Il fait aussi des photographies et découvre avec Camille Flammarion deux auréoles optiques autour de la Nova de Persée. Peu après, la British Astronomical Association le désigne comme Directeur de la section de Mars. Antoniadi quitte l’observatoire de Juvisy en avril 1902.

En 1909, Henri-Alexandre Deslandres (président de la SAF de 1907 à 1909) l’autorise à travailler à la grande lunette de l’Observatoire de Meudon. Il réussit une série d’observations d’une grande valeur accompagnée de magnifiques dessins. Il constate que le singulier réseau de canaux géométriques artificiels dont certains astronomes, avaient recouvert la planète, était illusoire dans sa plus grande partie et il s’attaque à le démolir avec une plume vigoureuse. Il consacre à la planète Mars un ouvrage fondamental, La planète Mars, étude basée sur les résultats obtenus avec la grande lunette de l’observatoire de Meudon et exposé analytique de l’ensemble des travaux exécutés sur cet astre depuis 1659 (Paris: Hermann & Cie, 1930). Ses observations des planètes Mercure, Mars et Jupiter et des satellites, effectuées par intervalles pendant plus de vingt années au grand équatorial de l’Observatoire de Meudon sont remarquables.

Linguiste, il s’attache, dans les dernières années de son existence, à l’histoire de l’astronomie grecque et égyptienne et publie ses recherches dans l’Astronomie et dans un ouvrage : L’Astronomie Egyptienne. En marge de ses recherches scientifiques, il obtient en 1904 l’accord du Sultan Abdul Hamid de photographier à l’intérieur de Sainte-Sophie de Constantinople et publie, vers 1907, l’ensemble de ses recherches.

En 1925, il reçoit le prix Jules Janssen de la SAF. En 1927, il est fait chevalier de la Légion d’honneur pour « services rendus à la France en période de guerre ». L’Académie des Sciences lui accorde le prix Guzman en 1926 et le prix La Caille en 1932. En 1928, il reçoit la nationalité française.

Il meurt le 10 février 1944, après une vie presque entièrement consacrée à l’astronomie et un demi-siècle de collaboration avec la Société astronomique de France et l’Astronomie où il a publié un grand nombre d’articles accompagnés de planches ou de magnifiques dessins.

Le cratère Antoniadi sur Mars, le cratère Antoniadi sur la Lune et la région Antoniadi Dorsum sur Mercure ont été nommés en son honneur.

Carte de la planète Mars publiée dans l’Astronomie en 1910. Crédit : SAF