Camille Flammarion a la lunette de l'Observatoire de Juvisy

Camille Flammarion

histoire

Camille Flammarion

D’origine sociale très modeste, cet apôtre de la science travailla toute sa vie à répandre dans toutes les couches de la société sa passion de l’étude et de l’observation des phénomènes de la nature. En 1858, il entre au Bureau des calculs de l’Observatoire de Paris, attiré par la perspective d’y découvrir les merveilles du ciel. Mais ce prestigieux établissement ne s’occupe que de mécanique céleste et nullement d’astrophysique. Flammarion, déçu, le quitte en 1852 alors qu’il publie son premier ouvrage, La Pluralité des Mondes Habités. Il va désormais se faire connaître par ses livres, ses conférences, collaborer à un grand nombre de revues et journaux, français ou étrangers, et participer activement au grand mouvement d’émancipation scientifique de la seconde moitié du XIXe siècle. Ses ouvrages vont se succéder régulièrement : enseignement et travaux astronomiques, sciences de la nature, spiritualisme, récits et contes philosophiques, plus de cinquante titres dont on ne peut donner ici qu’un aperçu : Les Merveilles Célestes (1865), Dieu dans la Nature (1867), L’Atmosphère (1872), Les Terres du Ciel (1877), Catalogue des Étoiles Doubles (1878), Astronomie Populaire (1879, son oeuvre maîtresse), Les Étoiles (1881), Voyages Aériens (1881), Rêves Étoilés (1888), Uranie (1889), la Planète Mars (T.I 1882 – T.II 1909), La Fin du Monde (1894), Stella (1897), Les Forces Naturelles Inconnues (1907), Mémoires d’un Astronome (1911), La Mort et son Mystère (3 vol. 1920/1922).

En 1866, il s’était installé un petit observatoire personnel sur une terrasse parisienne et s’était lancé avec ardeur dans l’observation des planètes et des étoiles.

En 1882, un admirateur lui fait don d’une belle propriété à Juvisy-sur-Orge, à 20 km au sud de Paris. Sans perdre de temps, activement secondé par Sylvie, son épouse, il y édifie un véritable observatoire astronomique, avec une coupole abritant un équatorial de 240 mm d’objectif, instrument très performant pour l’époque. Des observateurs de grand talent, tels Antoniadi ou Quénisset, y obtiendront de magnifiques résultats qui feront apprécier l’Observatoire de Juvisy de tout le monde scientifique.

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Mais Flammarion n’oublie pas les astronomes amateurs, chez qui ses ouvrages ont éveillé bien des vocations. En 1882, il publie le premier numéro d’une revue mensuelle, L’Astronomie, destinée aux observateurs du ciel. De même, l’Annuaire Astronomique Flammarion devient le guide indispensable de plusieurs générations de fervents amateurs, qui peuvent également se procurer son Grand Atlas Céleste, contenant plus de 100.000 étoiles.

En 1887, Camille Flammarion réunit un groupe d’amis de la science et fonde avec eux la Société Astronomique de France, bientôt dotée, en plein Quartier Latin, d’un observatoire populaire ouvert à tous. La revue L’Astronomie en devient le bulletin mensuel, diffusé dans les cinq continents. Flammarion, après en avoir été le premier président, en reste le secrétaire général jusqu’à sa mort en 1925. Gabrielle, sa seconde épouse, reprendra le flambeau et continuera son oeuvre. Encore au XXIe siècle, « l’esprit Flammarion », subtil alliage de rigueur scientifique, de désintéressement, d’enthousiasme et de foi en l’avenir anime toujours la Société Astronomique de France.

 

Bibliographie : nombreux articles biographiques dans la collection de L’Astronomie et surtout, de Ph. de La Cotardière et P. Fuentes, Camille Flammarion, Ed. Flammarion, Paris, 1994.