Niagara Falls : deux villes, deux pays !

Thomas Pesquet nous propose une vue cadrée des célèbres chutes du Niagara, avec le commentaire suivant : “ L’une des plus belles cascades du monde se trouve à la frontière entre le Canada et les États-Unis et si elle est moins impressionnante vue d’ici #snob, la vue reste tout-à-fait remarquable. Les chutes du Niagara sont les plus puissantes d’Amérique du Nord, mais ni les plus larges, ni les plus hautes du monde (et oui j’ai Wikipedia ici aussi qu’est ce que vous croyez) ”.

L’image a été prise le 4 juin 2021 à 18h34, à l’aide d’un Nikon D5 muni d’un objectif de 1150 mm ouvert à 9. Le Nord se situe vers 14 heures, la photographie couvre une superficie de 14 x 9 km environ.

Nous sommes au-dessus de deux villes qui portent le même nom et qui se font face : “Niagara Falls”, mais qui se trouvent de part et d’autre d’une rivière, le Niagara, qui fait office de frontière entre le Canada et les Etats-Unis. Ici, la rivière Niagara, coulant du lac Érié au Sud vers le lac Ontario au Nord offre au visiteur, qu’il soit sur Terre ou dans l’espace, un spectacle majestueux, une merveille de la Nature : les fameuses chutes du même nom !

Ce n’est pas la première fois que Thomas photographie cette région ; il l’avait d’ailleurs imagée de nuit le 2 mai dernier.
A gauche du cliché, c’est le Canada (en rive gauche du Niagara) et la ville de Niagara Falls dans l’Ontario. A droite du cliché, les Etats-Unis (en rive droite du Niagara) et la ville de Niagara Falls dans l’Etat de New-York. Cette partie est la moins large de ces chutes monumentales et fut même mise à sec par l’armée américaine pour prévenir son érosion par la réalisation d’énormes travaux de consolidation. En fait, les chutes du Niagara sont un ensemble de trois chutes d’eau précédées de rapides : les « chutes du Fer-à-Cheval » (Horseshoe Falls) ou « chutes canadiennes » bien visibles à gauche, et les « chutes américaines » (American Falls) et « chutes du Voile de la Mariée » (Bridal Veil Falls) visibles à droite.

Entre les deux berges, au niveau des rapides et chutes, on aperçoit plusieurs petites îles dont la plus grande est “Goat island” alias “l’île aux chèvres”. Elle est inhabitée mais permet d’admirer ce site exceptionnel grâce aux ponts américains qui enjambent le bras droit du Niagara. Juste à l’aval des chutes, on aperçoit d’autres ponts qui relient les deux pays dont le premier est le “Rainbow Bridge”, puis 2 km plus loin le double pont “Whirlpool Rapids Bridge” qui permet aux voitures et aux trains de passer le Niagara. Les deux ponts sont des postes frontières.

Dans cette région, les hivers sont froids et enneigés et les étés sont chauds et humides. Les précipitations modérées sont constantes tout au long de l’année et les températures peuvent atteindre 36°C en été et -25°C en hiver.

Comme le précisent les Community Managers de Thomas (et Wikipédia), bien qu’elles ne soient pas particulièrement hautes (entre 21 et 57 m), les chutes du Niagara sont très larges (790 m environ côté canadien et 320 m environ côté américain). Avec un débit allant de 2 800 m3/s à plus de 5700 m3/s selon la saison et les prélèvements d’eau pour les usines hydroélectriques, elles sont les chutes les plus puissantes d’Amérique du Nord. C’est pourquoi depuis l’ère industrielle, de très nombreux travaux en surface et en souterrain dans toute la région ont été réalisés pour bénéficier d’une importante quantité d’énergie hydroélectrique (on voit d’ailleurs en haut à droite du cliché un immense barrage permettant de turbiner les eaux du Niagara captées à l’amont).

Pour finir, notez l’immense toiture rouge en forme de “E” dans le haut droit du cliché (en rive gauche, côté canadien) : c’est le “Great Wolf Lodge Water Park”, un immense complexe touristique qui fait face aux rapides et à l’escarpement du Niagara.

Gilles Dawidowicz, président de la Commission de Planétologie

Crédits : ESA/NASA–T. Pesquet

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