Chroniques de l’ISS – #17 

L’évolution de l’ISS – Le futur des stations orbitales

[3 octobre 2021]

L’ISS sert de base à de nombreuses expériences emportées par les astronautes, c’est d’ailleurs pour celles-ci, qu’ils travaillent le plus.
Mais il y a aussi des expériences extérieures à l’ISS, comme :

L’ISS peut aussi servir de tests à de nouveaux équipements. C’est le cas d’un module… gonflable ! Un démonstrateur technologique fabriqué par la société Bigelow. Cela a donné naissance au projet BEAM pour Bigelow Expandable Activity Module (module d’activité gonflable). C’est une solution d’habitats extensibles et souples aussi solides que les structures rigides actuelles. L’avantage étant qu’ils offrent un meilleur rapport volume/masse comparativement aux structures métalliques rigides. Les parois sont en multicouches (une vingtaine) de Vectran, plus solide que le Kevlar (ce avec quoi on fait les gilets pare-balles) devant être particulièrement résistant aux impacts de micro-météorites ou de débris spatiaux.

Le module BEAM

(Crédit photo : NASA)

Il semble que l’aluminium soit moins bien adapté à la protection que le multicouches. Ce module a été lancé par une capsule Dragon ; dégonflé, il fait 1,7m de long par 2,3m alors que pleinement gonflé il atteint : 4m par 3,2m, soit un volume de 16 m3.

En 2011, une expérience intéressante a été installée sur l’ISS : l’AMS-02. Ce détecteur développé par le CERN et l’Université de Genève, appelé l’AMS (Alpha Magnetic Spectrometer), a été monté à l’extérieur de l’ISS par les astronautes de la dernière navette Endeavour (STS-134).
(Crédit photo : NASA)

On voit ici l’AMS attaché à une poutre de l’ISS (cliché NASA). C’est un spectromètre Alpha (AMS = Alpha Magnetic Spectrometer) équipé d’un aimant puissant qui permet de courber la trajectoire des rayons cosmiques émis par les galaxies et les possibles anti-galaxies, et d’en déterminer ainsi les caractéristiques (charge, masse, vitesse, direction).

On pourra ainsi distinguer entre protons et anti protons ainsi qu’entre électrons et positrons (ou positons).

De plus récemment l’ISS devient le terrain de jeu des cinéastes, les Russes seront les premiers à tourner un film dans l’ISS, ils ont battu de peu Tom Cruise qui est aussi sur les rangs.

Le Futur de l’ISS

Mais l’ISS commence à devenir âgée, elle a vingt ans et vingt ans dans l’espace, ce n’est pas vingt ans sur Terre.

On note çà et là de petites fissures (non dangereuses) qui apparaissent et provoquent de légères fuites. Bref, on songe à la suite.

La construction de l’ISS a pris près de 13 ans, a nécessité plus de 100 lancements de fusées et 160 EVA. Le coût actuel estimé est de 100 milliards de dollars.  L’ISS a été occupée depuis l’an 2000 de façon permanente, maintenant par 6 astronautes.

Son existence est toujours remise en question dû au coût astronomique ; néanmoins, la NASA et Roscosmos ont décidé de prolonger la durée de vie de la station (cela veut dire le financement) jusqu’en 2030, et ceci bien que les Russes désirent construire leur propre station.

Ce serait dommage de laisser brûler dans l’atmosphère un si bel outil expérimental. Mais il semble bien que son futur soit scellé, si aucune solution privée ne vient la sauver, elle fera une entrée brillante dans l’atmosphère.

Possibilités : privatisation, hôtel de l’espace, etc.


Est-ce le futur de l’ISS ???

Jean-Pierre Martin
Prochaine chronique : Les autres stations spatiales