Chroniques de l’ISS – #2

La genèse de la station spatiale internationale ou ISS

16 mai 2021

C’est en 1982 que les USA, sous mandat de Reagan, en pleine guerre froide, ont commencé à réfléchir à une telle station spatiale, elle devait s’appeler Freedom au début et se voulait un contre point aux stations Saliut et Mir soviétiques. Mais probablement le coût apparaissant énorme, on se tourne plus tard vers une coopération internationale. C’est l’Europe (ESA) qui se décide en premier, puis le Canada (CSA) qui va fournir un bras robotisé comme sur la navette et le Japon (JAXA). La station est rebaptisée Alpha.
Puis se produit en 1986 le terrible choc de l’accident de Challenger qui retarde et modifie complètement ce projet. Le projet initial chiffré à moins de 10 milliards $ est révisé à la hausse à 25 milliards $, ce qui sera loin d’être son coût final (évalué à plus de 100 milliards $). Le communisme s’étant écroulé, l’administration Clinton invite en 1993 la Russie (Roscosmos) à participer au projet, grâce à son expérience avec la station Mir, la Russie avait d’ailleurs dans ses cartons une station Mir-2 en étude, cela servira de base au premier module russe. C’est à ce moment que la station reçoit son nom d’ISS.
La conception de cette station est dès l’origine, modulaire. Elle doit être placée en orbite terrestre basse (LEO : Low Earth Orbit) à 400 km d’altitude et occupée en permanence par un équipage international d’astronautes. Occupée au début par 3 personnes puis par 6 à partir de 2009 en permanence. Sa construction démarrera en 1998. Une fois finie, l’ISS aura une longueur de 110 m, 75 m de largeur et 30 m de hauteur. Sa masse est de l’ordre de 400 tonnes. Les panneaux solaires une fois tous installés, devraient fournir plus de 100 kW d’électricité et couvrir 2500 m2. Une douzaine de modules sont pressurisés procurant un espace de 900 m3 approximativement dont 400 m3 réellement habitables. Sa construction nécessitera plus de 10 ans et 150 EVA (sorties extra véhiculaires).


Crédit : Enricopedia / domaine public

On remarquera le principe : un système en croix, la partie se dirigeant vers vous contient les modules pressurisés, lieux de séjour des astronautes. ; la partie horizontale du schéma, contient tout ce qui ne nécessite pas de pressurisation, ce sont les poutres supports (truss en anglais), les refroidisseurs, les panneaux solaires et autres éléments passifs. On notera aussi que l’ISS n’est pas positionnée n’importe comment dans l’espace. Il y a un avant et un arrière, un haut et un bas (mais oui).
L’ISS avance sur son orbite dans le sens de la partie pressurisée et l’avant (Forward en anglais) est vers le nœud Harmony et les laboratoires Columbus et Kibo. L’arrière (Aft en anglais) est vers le module Russe Zvezda. De même on définit la droite (starboard) et la gauche (port) comme sur un navire. Dans ces conditions on définit le haut (Overhead) vers le Zénith et le bas (Deck) vers le Nadir.
Sur ce schéma, l’ISS avance sur son orbite vers vous. Une vue actuelle de l’ISS une fois presque complète :


Crédit : NASA/Crew STS-132

Jean-Pierre Martin

Prochaine chronique : Le début de la construction avec le module Zaya.