Chroniques de l’ISS – #15

Un nouveau module et il est Russe !

Cela n’arrive plus très souvent depuis la (presque) fin de montage de l’ISS, mais les Russes ont procédé à un changement de module.
Ils ont troqué leur sas PIRS (dont nous avons parlé dans la chronique n°10) contre un nouveau module plus grand, le MPLM (Multi Purpose Laborarory Module) Nauka. 20 tonnes et 70 m3 de volume utile. Il est équipé aussi d’un système de navigation de secours.

Le modula Nauka en atelier. Crédit : Roscosmos

Le lancement de ce module tant attendu, (il est prêt depuis longtemps, on l’attend depuis une dizaine d’années !) est effectué le 21 juillet 2021 par une fusée Proton depuis Baïkonour. Quelques jours après, le PIRS a été attaché à un Progress, déconnecté de l’ISS et détruit dans l’atmosphère terrestre lors de la rentrée.

Voici une très belle photo du désarrimage de PIRS de l’ISS, il est accroché à un Progress (n°77). Crédit : NASA/ESA

Le 29 juillet 2021, le module Nauka s’est amarré au module russe Zvezda. Mais il semble que l’opération ne s’est pas si bien passée que cela. Il a cogné un peu fort l’ISS et déstabilisé celle-ci, lui faisant perdre son orientation suite à un allumage non prévu de ses propulseurs.

On voit sur cette photo le module Nauka en approche de l’ISS. Crédit : NASA

En fait l’incident minimisé au début, était plus grave que ce que l’on pensait, l’ISS avait tourné de plus d’un tour et demi sur elle-même, elle a même ensuite basculé vers l’avant, d’après les déclarations du Dr de vol. une situation d’urgence a été déclenchée, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps.
Nos amis Russes ne pouvaient rien faire, la station n’étant pas en visibilité d’une station au sol russe. Il a fallu avertir les astronautes qui ont déclenché des propulseurs du module Zvesda et du Progress pour contrer le mouvement. La situation a été redressée rapidement. Entre temps sans aucune raison les propulseurs en défaut se sont arrêtés. L’incident est clos mais insatisfaisant.

Le module Nauka arrimé à l’ISS, au premier plan, le Soyuz baptisé Youri Gagarine en l’honneur du cosmonaute, 
attaché au module Rassvet. Crédit : NASA/ESA

Avec ce module, se trouvait aussi un instrument que l’on attendait aussi depuis longtemps : un bras télémanipulateur fabriqué par les européens. Il s’appelle ERA pour European Robotic Arm. Il est d’une longueur de 11 m et est le premier robot à se déplacer sur la section russe de l’ISS. L’ISS possède aussi deux bras télémanipulateurs : le Canadarm2 et un bras japonais. Mais aucun des deux ne pouvait atteindre la partie russe. ERA peut manipuler jusqu’à 8 tonnes de matériel. C’est Thomas Pesquet qui participe à l’installation de ce bras.

Vue d’artiste d’ERA monté sur l’ISS. Crédit : ESA / D. Ducros

Jean-Pierre Martin
Prochaine chronique : Les nouveaux visiteurs de l’ISS.