La ville d’Erenhot : au carrefour de la Chine, de la Mongolie et de la Russie

Thomas Pesquet nous propose une vue du Sud-Est de l’Espagne, avec le commentaire suivant : “ Mon regard a été attiré par des formes étranges en plein désert de Gobi… en fait une ville à la frontière entre la Chine et la Mongolie, petite mais indispensable étape du mythique transmongolien ! ”.

L’image a été prise le 06 mai 2021 à 22h41, à l’aide d’un Nikon D5 muni d’un objectif de 1150 mm ouvert à 10. Le Nord se situe vers 14 heures.

Nous sommes au-dessus d’une petite ville chinoise située tout au Nord du pays, dans la région autonome de Mongolie-intérieure. La ville d’Erenhot (prononcez Ereen khot) fait partie de la ligue de Xilin Gol (une division administrative de niveau préfectoral), et compte près de 100.000 âmes.

Située juste à la frontière avec la Mongolie (que l’on voit d’ailleurs très bien sur le cliché de Thomas), la ville est idéalement positionnée sur le “corridor économique” qui lie le Japon, les deux Corée, les pays d’Asie du Sud-Est, la Mongolie et la Russie avec la Chine. Les autorités chinoises en ont même fait un point stratégique sur lequel les derniers présidents se sont attardés. De gros investissements ont été réalisés. Ainsi, Erenhot est devenu un nœud ferroviaire, un “port sec” soutenant les échanges commerciaux de la région, permettant de se projeter et de transporter le fret jusqu’à la mer Jaune et l’immense port de Tianjin à l’Est, mais également d’aller jusqu’en Europe à l’Ouest. Une aubaine pour les grandes mégalopoles industrielles chinoises…

Mais les ambitions chinoises sont encore bien plus grandes et dépassent le simple commerce. De très nombreuses relations (culturelles, sportives, scientifiques, technologiques, universitaires…) entre provinces chinoises, mongoles et russes sont nouées, y compris avec des grandes villes relativement distantes comme Oulan-Bator, Irkoutsk et Oulan-Oudé. Ici aussi, l’amitié entre les peuples est un leitmotiv…

Gilles Dawidowicz, président de la Commission de Planétologie

Crédits : ESA/NASA–T. Pesquet

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