La Terre dans l’oeil de Thomas Pesquet #5 : le Vésuve

Gilles Dawidowicz

Depuis son arrivée à bord de la Station spatiale internationale, le 17 novembre dernier, Thomas Pesquet réalise de splendides clichés de la Terre, qu’il diffuse sur les réseaux sociaux. Ici, le Vésuve, en Italie.

Le 18 janvier 2017, Thomas Pesquet a posté cette vue du mont Vésuve, avec le commentaire suivant : « La prestance du Vésuve n’a pas l’air d’impressionner l’agglomération napolitaine voisine… On ne discerne pas bien, mais le site archéologique de Pompéi se trouve quelque part sur la photo ! »

L’image a été prise le 10 décembre dernier, à l’aide d’un Nikon D4 et d’un téléobjectif de 500 mm. Parfaitement centré sur le cliché, le Vésuve, volcan italien, apparaît dans toute son imposante présence. Le Nord est à 17h.

Le Vésuve, qui s’élève à 1 281 m d’altitude, est un volcan surplombant la mer Tyrrhénienne et dominant la baie de Naples (région de Campanie) qu’il borde à l’est de la ville. Ce volcan, actuellement endormi, est le seul volcan d’Europe continentale à être entré en éruption durant les cent dernières années, les deux autres en Italie étant situés sur des îles : l’Etna (en Sicile) et le Stromboli (sur les îles Éoliennes). Sa dernière éruption date de 1944. Il se situe au sud de la chaîne principale des Apennins. C’est une montagne classée parc national depuis 1995.

Ce qui attire (et frappe) immédiatement le regard est l’énorme caldeira sommitale, véritable gueule volcanique bien visible à 400 km de distance. Il s’agit d’une vaste dépression circulaire d’environ 400 m de diamètre, à fond plat et résultant d’une éruption qui a vidé la chambre magmatique sous-jacente. La caldeira du Vésuve apparaît très claire du fait de l’absence de végétation sur sa partie la plus haute.

Plus bas sur les pentes moins fortes du massif volcanique, on observe de la végétation qui recouvre l’ensemble de la zone mais aussi des formations géomorphologiques intéressantes. Ainsi, quelques belles falaises issues d’effondrements anciens sont bien visibles, comme également de très nombreux chenaux témoins de l’existence de cours d’eau qui drainent essentiellement la base du cône volcanique et les glacis d’accumulation en pied de volcan. A sa base, l’agriculture y est importante.

Enfin, le cliché de Thomas Pesquet permet d’identifier parfaitement quelques grands axes de communication dans cette région urbanisée et industrielle. Quelques chantiers navals le long de la côte sont identifiables par leurs grandes toitures très claires et les structures permettant les mises à l’eau, notamment au sud de la ville de Torre Annunziata, à deux pas de Pompéi. Et justement, à propos de Pompéi, la ville et les sites antiques sont bien reconnaissables sur cette photographie.

Le Vésuve est notamment à l’origine de la destruction spectaculaire et terrifiante des villes de Pompéi, et Herculanum, ensevelies le 24 août 79 sous une pluie de cendres incandescentes et de coulées de boues brûlantes. Il est entré en éruption de nombreuses autres fois ensuite et est considéré de nos jours, comme l’un des volcans les plus dangereux du monde. Sa tendance explosive (mais parfois aussi strombolienne, avec des écoulements de laves fluides) et surtout la densité de population qui vit à ses abords (environ 4 millions d’habitants dans la région) en font un volcan à risque majeur.

Le mont Vésuve depuis l’ISS. Crédit : ESA/NASA