FERDINAND QUÉNISSET

Le 8 avril 1951 disparaissait l’astronome Ferdinand Quénisset. Né en 1872, il commença à moins de vingt ans sa carrière astronomique à l’observatoire de Juvisy, il l’y termina plus d’un demi-siècle plus tard. Il se distingua comme astrophotographe à une époque où cette discipline était encore rare en Europe.

Il était entré à la Société astronomique de France en 1890, attiré par la lecture des œuvres de Camille Flammarion. Bientôt, Flammarion l’invitait à utiliser la lunette de 24 centimètres de Juvisy. En 1893, il y découvrit une comète. Il fit son service militaire peu après, pour revenir à Juvisy en 1906.

Il observa tout ce qui était accessible à la lunette de Juvisy : planètes, satellites, comètes, nébuleuses, amas d’étoiles, mais aussi la surface du Soleil, les éclipses de cet astre et les éclipses de Lune. Il a observé également, avec des instruments construits à cet effet, les étoiles filantes, la lumière zodiacale, la lueur anti-solaire, les formations nuageuses.

La photographie astronomique était sa passion. Il photographia dans le ciel tout ce qui y était photographiable avec les outils dont il disposait. Il était le premier a photographier, en 1911, les taches à la surface de Vénus. Il a photographié Pluton en août 1930, quelques mois après sa découverte. Au cours de sa présence à l’observatoire de Juvisy, il a pris environ cinq mille clichés.

Il était également un excellent conférencier qui savait communiquer son enthousiasme au public. Il a donné plusieurs conférences au siège de la SAF (rue Serpente) et ailleurs en France, mais aussi à Genève, à Lausanne, à Bruxelles. En 1926, au micro de la Tour Eiffel, il a fait une série de « Causeries astronomiques ».

La Société astronomique de France lui a décerné le Prix Dorothéa Klumpke – Isaac Roberts et le Prix Camille Flammarion. La Société astronomique de Pacifique lui a attribué la médaille Donohoe pour la découverte de la comète 1911 f (Quénisset). En 1933, lors de l’Année internationale des nuages, il a obtenu le premier prix au Concours de photographie des nuages. La même année, il a été nommé Chevalier de la légion d’honneur. Membre de l’Union astronomique internationale, il collaborait à la Commission 15 (Étude physique des comètes) et à la Commission 16 (Observations physiques des planètes et des satellites). Un cratère sur Mars porte son nom.

Nous trouvons la trace de ses travaux dans les registres de l’observatoire de Juvisy, conservés dans les archives de la SAF. Sa dernière observation date du 24 avril 1947. Il observait la petite planète Flammarion. Ses plaques photographiques font partie du patrimoine de la SAF et seront numérisées prochainement.

Annonce d’une conférence en 1925

L’amas des Pléiades, photographié le 11 mars 1907

Cette photographie des Pléiades a nécessité 2h 08 min de temps de pose alors qu’aujourd’hui quelques dizaines de minutes suffisent pour obtenir un splendide cliché avec les nébulosités entourant les étoiles.

Dernières observations à Juvisy