LES VŒUX DE LA SAF

La Société astronomique de France vous présente ses meilleurs vœux pour l’année 2019.

La carte de cette année reprend une gravure de E. Morieu parue dans « Les Terres du Ciel » de Camille Flammarion (1884), sous le titre « MOUVEMENT ANNUEL DE LA TERRE AUTOUR DU SOLEIL, ET PRODUCTION DES SAISONS ».

Mais, saviez-vous que la date du commencement de l’année a souvent varié avec les siècles ? Les anciens Romains faisaient commencer l’année au 1er mars. De là sont venues les dénominations de quintilis, sextilis, september, october, november et december, appliquées respectivement aux mois qui se trouvaient les 5e, 6e, 7e, 8e, 9e et 10e. Le mois de février, consacré au culte des morts et aux cérémonies funéraires, terminait l’année. Vers la fin de la République romaine, le mois quintilis fut dédié à Jules César et prit le nom de Julius. Plus tard, sextilis a été consacré à l’empereur Auguste sous le nom d’Augustus, devenu août par contraction, dans la langue française.

Le commencement de l’année a été fixé, pendant très longtemps, à l’Incarnation, autrement dit à la visite de l’ange Gabriel, c’est-à-dire neuf mois avant la naissance de Jésus, soit au 25 mars, et les années chrétiennes avaient pour formule ab Incarnatione Christi. Les rois de France adoptèrent tantôt le 25 mars, tantôt Noël, tantôt Pâques, et c’est ce derniar usage qui régnait lorsque le roi Charles IX fixa le commencement de l’année au 1er janvier. D’autres continuaient de suivre l’usage romain, de commencer l’année au 1er mars, comme au temps de Romulus. Ces divers systèmes de chronologie sont souvent une source de confusions inextricables pour la lecture des chroniqueurs du Moyen Âge. Pâques étant la fête la plus mobile qui se puisse imaginer, on rencontre des années qui ont eu deux mois d’avril presque complets.

Charlemagne, voulant que le début de l’année fut sanctifié par une importante cérémonie religieuse, fixa le début de l’année à la fête de Noël, quoique celle-ci, tombant le 25 décembre, ne se trouvât au commencement d’aucun mois. Sous les rois capétiens, la fête de Noël fut remplacée par la fête de Pâques, quoique cette dernière fut mobile et fut loin de reparaître tous les ans à la même date. Il résultait de cette singulière coutume une irrégularité perpétuelle dans les années. Ainsi, l’an 1347 a commencé le 1er avril et ne s’est terminé que le 20 avril de l’année suivante, de sorte que toutes les dates comprises entre le 1er et le 20 avril se trouvèrent répétées deux fois dans la même année, pendant le premier mois et pendant le treizième. Un pareil état de choses était évidemment très incommode, et est encore aujourd’hui, pour les chronologistes, une source continuelle d’erreurs. C’est pour le faire cesser que Charles IX rendit en 1563 un édit qui prescrivait de faire commencer l’année 1564 et les années suivantes au 1er janvier. Il rétablissait ainsi une ancienne pratique qui avait été suivie autrefois en Allemagne, puis abandonnée et reprise enfin en 1500.

L’Eglise refusa longtemps de se soumettre à une règle qui semblait placer les premiers jours de l’année sous l’invocation d’une divinité païenne, Janus, à qui était consacré le mois de janvier dans le Calendrier des anciens Romains; mais enfin les raisons de convenance et de commodité l’emportèrent.

Extrait de l’Astronomie