[4 octobre 2021]

Seul maître à bord après Dieu

Crédit : Nicole Fischer / ESA

Ce lundi 4 octobre (qui correspond par ailleurs au 64e anniversaire du lancement du premier satellite artificiel de la Terre, Spoutnik 1), l’astronaute français Thomas Pesquet prend le commandement de la Station spatiale internationale.

C’est la première fois qu’un Français se voit confier une telle responsabilité, mais la quatrième fois pour un représentant de l’Agence spatiale européenne, après le Belge Frank De Winne (en octobre-novembre 2009), l’Allemand Alexander Gerst (en octobre-décembre 2018) et l’Italien Luca Parmitano (entre octobre 2019 et février 2020).

Thomas Pesquet succède à son collègue japonais Aki Hoshide, qui dirigeait l’Expedition 65 depuis le 27 avril, alors que l’équipage du vaisseau Crew 1 s’apprêtait à rentrer sur Terre. Il assurera la fonction jusqu’au début de l’Expedition 66, qui doit démarrer le 17 octobre prochain, après le départ du Soyouz MS 18 arrivé le 9 avril dernier sur la station. Les rênes seront alors prises par le cosmonaute russe Anton Chkaplerov, le pilote du Soyouz MS 19 (attendu le 5 octobre avec le réalisateur Klim Chipenko et l’actrice Ioulia Peressild – nous en reparlerons).

Coordination et gestion de crise

La mission essentielle du commandant de bord est de coordonner l’équipage et de préserver sa sécurité et celle de l’ISS, en particulier en situation d’urgence.

« Le commandant de la station est en quelque sorte le capitaine du vaisseau, expliquait Thomas Pesquet avant sa mission, incroyablement honoré par la confiance qu’on lui accorde. Bien sûr, la majorité des décisions sont prises par le centre de contrôle en collaboration avec l’équipage, mais le commandant est la voix des astronautes sur orbite. Et, s’il faut faire des choix rapidement (en cas d’urgence par exemple), c’est aussi le rôle du commandant […]. Dans chaque véhicule évoluant dans un milieu extrême, on ne peut pas se permettre qu’il y ait plusieurs personnes qui décident, et que les décisions ne soient pas les mêmes. Il y a donc toujours une seule personne qui décide […]. C’est comme un bateau : il y a un seul maître à bord après Dieu ».

Pierre-François Mouriaux