Livraison du Cygnus NG 16

[12 août 2021]

Crédit : T. Pesquet – NASA/ESA

Le 12 août, un nouveau vaisseau ravitailleur automatique a rejoint la Station spatiale internationale : le Cygnus NG-16 de la société américaine Northrop Grumman (ex-Orbital ATK). Il avait été lancé l’avant-veille à l’aide d’une fusée Antares 230+ depuis la base de la Nasa à Wallops Island, en Virginie. Le cargo a été capturé à 10h07 UTC à l’aide du bras robotique Canadarm2, piloté par l’astronaute américaine Megan McArthur (avec l’aide de Thomas Pesquet), puis positionné à 13h42 sur le port nadir du module Unity de l’ISS, cette fois par les contrôleurs du centre de de la Nasa à Houston, au Texas.

L’engin, qui pèse 8 tonnes au décollage et dont la partie pressurisée est fournie par le constructeur franco-italien Thales Alenia Space, a été nommé S.S. Ellison Onizuka, en l’honneur de l’astronaute américain d’origine japonaise (premier astronaute de la Nasa d’origine asiatique) tué lors de l’explosion de la navette spatiale Challenger en janvier 1986.

Le précédent vaisseau-cargo Cygnus, le NG-15 « S.S. Katherine Johnson », avait été amarré sur le même port de la station durant 127 jours, du 22 février au 29 juin, avant d’être volontairement détruit dans l’atmosphère au-dessus de l’océan Pacifique, le 2 juillet. Il avait livré 3,8 t de fret, un record pour un vaisseau Cygnus.

La mission de NG-16 devrait durer pour sa part jusqu’au mois de novembre prochain, dont 88 jours amarré à l’ISS.

Impression 3D avec du (faux) régolithe

Parmi les 3,7 tonnes de vivres et de matériel que NG-16 apporte figure notamment un purificateur d’air / épurateur de dioxyde de carbone de nouvelle génération, appelé 4-Bed Carbon Dioxide Scrubber, développé par le centre Marshall Space Flight Center de la Nasa à Huntsville, en Alabama.

Une démonstration de fabrication additive, dénommée RPP (Redwire Regolith Print), est également présente. Dans la perspective de l’installation de bases permanentes sur la Lune, elle doit permettre de créer une matière première à partir d’une fine poudre grise (simulant le régolithe lunaire) combinée à un liant thermoplastique, puis d’évaluer si le matériau obtenu peut être utilisé pour la construction d’habitats à la demande. L’expérience RPP a été conçue en partenariat avec le centre Marshall de la Nasa et la société Made In Space. Cette dernière avait été fondée en 2010 en Floride et a fourni la première imprimante 3D spatiale, Zero-G 3D Printer, installée à bord de l’ISS depuis septembre 2014. Made In Space a été rachetée en juin dernier par une autre société floridienne Redwire, spécialiste des systèmes de sécurité pour les particuliers et les entreprises.

A bord du Cygnus NG-16 se trouvent par ailleurs quatre échantillons du fameux blob (physarum polycephalum), baptisé Blobi Wan Kenobi, que Thomas Pesquet devra alimenter à partir de la rentrée, tout comme quelques 300 000 élèves à travers l’hexagone – nous en reparlerons.

« Aujourd’hui, c’était comme Noël, a commenté l’astronaute français sur les réseaux sociaux : le vaisseau Cygnus est arrivé avec de nouvelles fournitures et expériences scientifiques (…). J’ai l’impression que le Cygnus NG-15 vient de partir, et pourtant son successeur est déjà là ».

Le prochain ravitailleur automatique, le Dragon CRS 23 de SpaceX, doit être lancé à son tour le 28 août prochain.

Pierre-François Mouriaux

Crédit : NASA/Northrop Grumman