Le 38ème Symposium Européen ESOP

Du 30 août au 1er septembre 2019 s’est tenu le 38ème Symposium Européen ESOP (European Symposium on Occultation Projects) traitant des occultations. Cette conférence annuelle, sous l’égide de la section européenne de l’International Occultation Timing Association European Section (IOTA/ES), s’est tenue cette année en France dans les locaux de l’Observatoire de Paris. L’organisation a été assurée par des membres du LESIA (Laboratoire d’études spatiales et d’instrumentation en astrophysique) et du Club Eclipse, aidée par Planète Sciences et l’IMCCE (Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Éphémérides). 80 participants, professionnels ou amateurs provenant de plus de 17 pays ont pris part à cet événement.

Le colloque a été suivi d’un tour optionnel pour les participants étrangers les 2 et 3 septembre pour visiter le château de Fontainebleau, observer à l’observatoire de Buthiers avec le TJMS et se termina avec la visite de l’observatoire de Juvisy et la rencontre de la SAF.

Une occultation se produit quand, vu depuis une zone de la Terre, un astre passe devant un autre. L’astre le plus proche masque alors totalement ou partiellement l’astre lointain. Quand un astéroïde occulte une étoile, l’occultation se manifeste par une baisse transitoire de la luminosité de cette dernière. En utilisant plusieurs télescopes répartis sur la zone d’ombre, il est possible d’obtenir des renseignements précis sur l’astéroïde : sa position, la forme de son ombre, ce qui renseigne sur sa forme et ses dimensions. On a même pu détecter dans certains cas, le profil d’une atmosphère autour de l’objet, la présence de satellites, voire même des anneaux comme ce fut le cas pour le Centaure Chariklo ! Il arrive également qu’on puisse obtenir des informations sur l’étoile occultée : sa taille ou son éventuelle multiplicité (étoile double).

L’objectif de l’IOTA est de permettre à un maximum d’astronomes amateurs d’effectuer ces observations simultanées et de partager les résultats avec les chercheurs. En effet, de nombreuses occultations sont observables avec les petits télescopes qu’utilisent les  amateurs. Cependant, pour fournir des informations scientifiquement exploitables, il est  important de disposer d’une mesure très précise du temps. Ceci nécessite un équipement particulier dont un récepteur GPS, de manière à horodater précisément chaque image. Le Symposium ESOP XXXVIII a été l’occasion d’aborder ce sujet sensible entre astronomes professionnels et amateurs ainsi qu’avec les fabricants de caméras et d’interfaces GPS.

Un article va bientôt paraître dans le magasine l’Astronomie pour décrire précisément les méthodes d’observation des occultations et donner la liste des cibles les plus remarquables. Un week-end technique à l’intention des astronomes amateurs est également prévu pour 2020. À suivre dans la rubrique Pro-Am de ce site web.

Les présentations de la conférence sont disponibles sur le site web du LESIA :
http://lesia.obspm.fr/lucky-star/esop38/posters.php

Patrick Wullaert