La recherche de l’équilibre de l’univers

L’artiste Thiery Fresneau est né à Nantes en 1966. Formé auprès du peintre Georges Pichon aux Beaux-Arts de Nantes, il vit désormais à Lescun, un village de la vallée d’Aspe, dans les Pyrénées-Atlantiques, où il trouve l’inspiration.
En 2021, il a créé une œuvre intitulée « Chacun-es nous tous-tes ».
Une prise de vue de ses géoglyphes depuis la Station spatiale internationale est-elle un défi que pourrait relever Thomas Pesquet ?

La recherche de l’équilibre de l’univers

Lettre à Thomas Pesquet

Depuis Lees-Athas, vue sur le géoglyphe d’Accous

Y’a-t-il un équilibre, une harmonie universelle ?
Sommes-nous possiblement nous autres humains partie de cet équilibre ?
Pourquoi nous sentons-nous parfois ou tout le temps en déséquilibre ?
Est-ce partagé par la majorité d’entre nous ?
Pourquoi la vie paraît-elle dénuée de sens ?
Avons-nous perdu un lien qui nous préservait de ce déséquilibre ?
L’avons-nous jamais trouvé ?
Sommes-nous acosmiés ? En perte de relation avec le cosmos ? Avec notre milieu ?

Cette année, un dessin réparti sur deux sites, dans deux villages. Les géoglyphges sont réalisés avec la participation des villageois.
À Accous, trois personnages se retrouvent et s’enlacent, comme après une longue séparation, comme après une longue période de confinement. Ils se retrouvent mais pour quoi faire, ensemble ?
A Osse, trois comètes tournent ensemble, trois objets, individus distincts forts de leur différence (trois étoiles, à cinq, six et huit ranches). Ensembles et unies par ce lien intime qui les relie au cosmos, elles donnent naissance à un mouvement qui invite tous les êtres à développer leur propre puissance de compréhension du monde.
Un mouvement qui invite à la curiosité de soi, découvrir par soi-même la nature de notre monde intérieur, découvrir par soi-même le monde, le milieu de vie dans lequel nous évoluons.
Le dessin voudrait être un symbole modeste et puissant émettant une pulsation, une fréquence, évoluant au rythme des saisons et des changements cosmiques, une pulsation douce et régulière.
Depuis Bedous, vue sur le géoglyphe de Osse en Aspe apaisant au fil du temps les cœurs soumis à l’autorité de l’égo, des montres, des technologies, des idées de seconde main, des dogmes…

Depuis Bedous, vue sur le géoglyphe de Osse en Aspe

Le dessin disparait dans le renouveau apporté par le printemps. Une nouvelle herbe pousse, pour un temps.
Nous vivons avec le monde, et le monde vit avec nous. Nous devons prendre soin de nous pour pouvoir prendre soin du monde. Le géoglyphe est un « pense-bête », pour ne pas oublier que le connu limite, que chaque être humain a le pouvoir de transformer son propre monde.
Prendre soin de nous se répercuter sur notre milieu environnant, sur notre vie à tous-tes, sur tous les êtres.
Observer le ciel, c’est le cadeau de Galilée, nous rappelle comment trouver notre place dans la vie, notre juste place dans l’univers.
Mais, quand on cherche la lumière, faut-il se tourner vers le ciel ou s’agit-il de descendre sous terre ? Dans notre Terre, dans l’obscurité ? Pour découvrir la lumière en nous, celle qui nous relie à toutes choses, là ou siègent les racines, là où se trouvent les esprits des anciens, des animaux, des plantes, des mondes… ?
Se tourner vers le ciel n’est pas une évasion. Tout comme séjourner de long mois, dans un habitat artificiel en orbite autour de la Terre, n’est pas une activité qui isole et enferme en soi-même, c’est plutôt une compréhension du monde, et de ses évolutions. Mais comment rester innocent et vulnérable dans ces conditions de vie ? « Lorsqu’un esprit vigilant écoute le mouvement extérieur et intérieur de la vie, un silence lui vient, que n’élabore pas la pensée », nous dit J. Krishnamurti.

Bien à toi,

Thiery Fresneau

Géoglyphes du Poey d’Accous et de la Soupène d’Osse-en-Aspe, avec la complicité des mairies d’Accous et d’Osse-en-Aspe et la participation de tous les volontaires

Crédit portrait : France 3
Autres photos : Crédit Thierry Fresneau