[8 octobre 2021]

FSL, l’increvable rack d’expériences sur la physique des fluides

Crédit : ESA / NASA

Depuis son raccordement à la Station spatiale internationale, en février 2008, le module-laboratoire européen Columbus accueille plusieurs « racks » ISPR (International Standard Payload Racks), sortes d’armoires standard, modulaires et interchangeables, dans lesquelles sont menées des expériences scientifiques ou qui servent de stockage pour les instruments. Elles mesurent chacune 2 m de haut, 1 m de large et 86 cm de profondeur, pèsent une centaine de kilos à vide et peuvent contenir jusqu’à 800 kg d’expériences.

Parmi ces racks figure un laboratoire dédié à la physique des fluides dans l’espace, baptisé FSL (Fluid Science Laboratory), qui a été placé à l’entrée et au plafond de Columbus (emplacement « Overhead 1 »).

Il a été construit par Thales Alenia Space (ex-Alenia Spazio) à Turin, après neuf années de développement.

Des applications très intéressantes

Les expériences installées dans FSL ont d’abord été menées en relation avec le centre italien de contrôle et de support MARS (Microgravity Advanced Research and Support), géré par l’entreprise Telespazio et basé à Naples. Elles sont aujourd’hui suivies par le centre B.USOC (Belgian User Support and Operation Centre), installé au sein de l’Institut royal d’Aéronomie Spatiale de Belgique, à Uccle.

L’étude de la physique des fluides dans l’espace permet de développer des applications directes très intéressantes, telles l’amélioration de procédés dans un cadre industriel pour différents secteurs comme l’alimentation, la cosmétique, l’énergie ou le nucléaire, avec parfois des enjeux importants.

Etude de matière granulaire et de mousses

Après plus de 13 années de bons et loyaux services (et un long sursit), le rack FSL est toujours utilisé : le 30 septembre, l’astronaute français y a installé deux expériences, après avoir enlevé une expérience sur l’ébullition en micropesanteur.

La première expérience, appelée Comp Gran (Compacted Granular Matter), vise à comprendre la manière dont bougent les grains de sable en l’absence de pesanteur.

La seconde, appelée Foam-C (Foam Coarsening), étudie le vieillissement d’une mousse agitée par un piston magnétique pour former de fines bulles.

Fin de carrière en 2022

FSL devrait – enfin – être « décommissionné » en juin/juillet 2022, lors de la seconde mission spatiale de l’astronaute italienne Samantha Cristoforetti, et remplacé par le rack EDR 2 (European Drawer Rack 2), plus multitâche.

Il sera ensuite détruit dans l’atmosphère terrestre, probablement en avril 2023, à l’aide du premier cargo-ravitailleur japonais de nouvelle génération, HTV-X.

Pierre-François Mouriaux