[29 avril]

Fin de mission pour le Progress MS 14

Le vaisseau-cargo russe Progress MS 14 s’est désintégré le 29 avril dans les couches denses de l’atmosphère, au-dessus de l’océan Pacifique Sud, après y avoir été volontairement plongé grâce à l’allumage de ses moteurs entre 2h01 et 2h05 du matin, heure de Paris.
L’engin s’était séparé de la Station spatiale internationale la veille à 1h11, après être resté amarré à l’arrière du module russe Zvezda de l’ISS durant 367 jours, 17 heures et 59 minutes (soit 369 jours, 1 heure et 41 minutes dans l’espace au total). Un record historique, d’un mois supérieur à celui établi en 1993-1994 par un ravitailleur de la station Mir, le Progress M 17 (337 jours dans l’espace).

Livraison express
Les Progress font partie de toute la panoplie de vaisseaux automatiques qui ravitaillent régulièrement les équipages, en air, eau, nourriture, équipements scientifiques et matériels divers, mais aussi carburant pour ajuster l’orbite de la station.
Lancé le 25 avril 2020 depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, le Progress MS 14 avait pour sa part acheminé 2 528 kg de fret, dont 700 kg de carburant, 50 litres d’air et 420 litres d’eau.
Il avait rejoint la station en seulement 3 heures et 20 minutes, réalisant à l’époque l’amarrage à l’ISS le plus rapide de l’histoire.
Le vaisseau-cargo a également servi à dix ajustements d’orbite de l’ISS : sept pour relever son altitude, une pour la diminuer et deux non-programmés, pour éviter des débris spatiaux.

Le « cimetière des satellites »
Pendant sa dernière journée sur orbite, le Progress MS 14 a servi à tester un nouveau système de contrôle d’attitude.
Les éléments non détruits lors de la rentrée atmosphérique devaient retomber dans une zone non navigable, appelée « cimetière des satellites », située à 3 150 km de la ville de Wellington en Nouvelle-Zélande et à 7 390 km de la ville de Santiago, au Chili.
Ainsi détruits en fin de « vie », les vaisseaux-ravitailleurs non équipés d’un complexe système de récupération servent de « vide-ordures » à la Station spatiale internationale ; c’est le seul moyen de se débarrasser de tous les déchets non recyclables produits par la présence d’équipages à bord, et des équipements devenus inutiles.

Crédit photo : NASA / Roscosmos