OBSERVEZ L’UNIQUE ÉCLIPSE TOTALE DE LUNE EN 2019

En Europe de l’Ouest, il faudra profiter de cette belle éclipse, en grand partie observable. La prochaine totale parfaitement visible se produira le 20 décembre… 2029 ! Les éclipses totales de Lune offrent toujours un magnifique spectacle. En pleine nuit, le paysage blanchi par le vif éclat de la pleine lune s’assombrit progressivement au fur et à mesure que notre satellite glisse dans l’ombre de la Terre. La lumière solaire, filtrée par notre atmosphère, teinte le disque sélène de délicates nuances d’orange, de rouge et de brun. En pleine totalité, la Lune semble être délicatement éclairée de l’intérieur ; tel un lampion, laissant apparaître le fourmillement de la voûte céleste comme une nuit sans Lune. C’est à ce magnifique et saisissant spectacle que nous assisterons le 21 janvier.

Une éclipse matinale

Lundi 21, il faudra faire sonner son réveil tôt pour contempler l’éclipse qui commence avec son entrée dans la pénombre à 3 h 36 min (heure légale pour la France métropolitaine). Mais le spectacle débutera véritablement vers 4 h 30 min, avant que la Lune ne plonge entièrement dans l’ombre de notre planète. Le disque sélène étant proche du bord de l’ombre de la Terre, la durée de la totalité n’excèdera pas 1h 02min. Le maximum du phénomène se produira précisément à 6 h 12 min. À cet instant, notre satellite affichera une hauteur d’une vingtaine de degrés. Les faibles étoiles du Cancer, constellation dans laquelle se trouve la Lune, scintilleront comme le reste du firmament. Puis, le globe sélène va s’éclaircir progressivement. À la sortie de l’ombre, le disque lunaire n’aura pas encore retrouvé tout son éclat, mais l’aube estompera l’intensité du spectacle. Dans l’illustration ci-dessus, vous remarquerez que dans la plupart des villes la Lune sera couchée avant la fin de l’éclipse. Seuls, les observateurs situés à l’ouest d’une ligne passant grosso modo par Bordeaux et Lille pourront voir l’éclipse de bout en bout, dans la clarté du petit matin, juste au-dessus de l’horizon ouest-nord-ouest.

Comment l’observer ?
Contrairement à une éclipse solaire qui exige une protection indispensable, une éclipse de Lune est observable à l’œil nu, sans artifice. Cependant, le phénomène prend une ampleur tout autre dans des jumelles, de préférence fixées sur un trépied pour supprimer tous tremblements et garantir une observation confortable. Les subtiles nuances colorées qui évoluent au fil du temps sont alors évidentes. Une lunette astronomique ou un télescope n’apporte guère d’avantages, surtout si le grossissement est trop élevé.

Immortaliser l’éclipse
La lente progression de la Lune dans l’ombre permet aux photographes d’employer un large éventail de focales et de temps de pose. Un objectif de 100 mm est un minimum pour discerner les variations de couleur. Préférez 300 à 500 mm pour garantir un bon résultat. Avec une focale d’environ 1 000 mm, la Lune prendra pratiquement toute la taille d’un capteur 24×36 mm, assurant une image de bonne qualité. Il faut pour cela un entraînement motorisé qui trouvera tout son intérêt au moment de la totalité durant laquelle l’exposition peut atteindre plusieurs secondes pour révéler la richesse des couleurs. La fin de l’éclipse étant basse sur l’horizon, les photographes en profiteront pour ajouter un premier plan à leur prise de vue, à rechercher quelques jours plus tôt… Quel temps de pose et sensibilité choisir ? Difficile de donner des valeurs précises tant les paramètres sont vastes (ouverture relative des optiques, luminosité de l’éclipse, transparence atmosphérique, etc.). Il faut donc s’adapter au fur et à mesure de l’avancée de l’éclipse pour affiner les réglages.
Votre moisson d’images terminée, pensez à nous les envoyer !

Alain SALLEZ
Société astronomique de France

Grandeur d’une éclipse
La grandeur (g) se calcule suivant la formule A/D. A étant la distance entre le bord de la Lune le plus proche du centre de l’ombre de la Terre et le bord de cette ombre le plus proche du centre de la Lune et D étant le diamètre apparent de la Lune. Une éclipse est totale si la grandeur est supérieure ou égale à 1, alors que celle d’une partielle est toujours inférieure à 1. La grandeur de l’éclipse du 21 janvier est de 1,196.