Compte rendu de la conférence de la SAF du 12 janvier 2018

UNE VIE D’ASTRONAUTE ET DE NOUVELLES MISSIONS  

Claudie Haigneré dans le Soyouz pour sa mission Andromède (2001). Crédit : ESA/CNES

Conférence donnée par Claudie Haigneré

Astronaute de l’ESA, ancienne Ministre et ancienne Présidente d’Universcience

Crédit : Jean-Pierre Martin

Une vie d’astronaute

Dans les années 1990, Claudie est responsable de la médecine spatiale au CNES. Elle est sélectionnée pour faire partie des astronautes et est acceptée pour la mission franco-russe Cassiopée à bord de la station MIR en 1996. Elle devient la première femme française dans l’espace grâce à la mission Cassiopée. Sa mission durera 16 jours ; elle décolle de Baïkonour à l’aide d’une fusée Soyouz avec ses deux collègues russes Valéri Korzoun et Alexandre Kaléri. Elle procède avec succès à des expériences de cardiologie, de physiologie neurosensorielle et de biologie animale. Retour sur Terre le 2 septembre, mais Claudie veut retourner dans l’espace. Elle rejoint d’abord la Cité des Étoiles à Moscou où elle devient astronaute remplaçante de la mission Perseus. Elle s’entraine comme ingénieur de bord. Elle est ensuite intégrée au corps européen des astronautes de l’ESA et retourne en Russie afin de préparer la mission Andromède vers l’ISS. 21 Octobre 2001, départ de la mission Andromède, arrimage à l’ISS. Elle remplit parfaitement ses expériences et revient sur Terre le 31 Octobre 2001.

De nouvelles missions

À son retour, elle devient ministre déléguée à la Recherche et aux Nouvelles technologies et ministre déléguée aux Affaires européennes, puis Présidente d’Universcience. Elle est aujourd’hui conseillère auprès du président de l’Agence spatiale européenne. Et c’est en tant que conseillère qu’elle nous parle de sa nouvelle mission à l’ESA : promouvoir les villages lunaires. Va-t-on enfin retourner sur la Lune ? Du côté de l’ESA, Jan Wörner, son directeur général, annonce la volonté de vouloir construire une base lunaire permanente. Une base ouverte à tous mais sous quelles conditions ?

On pense tout de suite aux difficultés de la construction et du transport des matériaux de la Terre vers la Lune. De plus, une telle station est exposée aux rayonnements en provenance de l’espace, aux météorites et aux variations extrêmes de température (la Lune ne possède pas d’atmosphère). Comment s’en protéger ? Où la situer ? Probablement au pôle Sud dans un des cratères exposés en permanence au Soleil (par exemple, le Cratère Shackleton) et où de la glace a été détectée. Le projet est innovant, on va utiliser les matériaux et ressources de notre satellite. On pense que le régolithe lunaire pourrait servir de protection aux habitats amenés depuis la Terre, en le travaillant grâce à une imprimante 3D qui fabriquerait des briques de revêtement des modules habités (par exemple des dômes gonflables) et qui les appliqueraient couche par couche.

Ce village lunaire serait une coopération mondiale, il devrait permettre de nouvelles expériences et de nouvelles techniques pour peut-être un jour représenter la première étape vers les astéroïdes, vers Mars… Bien entendu, de nouvelles techniques doivent être mises au point, mais ce n’est qu’une question de temps, nous avons la technologie pour cela. De nouveaux projets précurseurs avant ce village voient le jour, comme des robots envoyés en explorateurs par toutes les nations spatiales : USA, Russie, Europe, mais aussi Inde et Chine. Il y a aussi des projets moins traditionnels comme le Lunar-X-Prize de Google ainsi que d’autres.

Conclusions

Cela n’est pas inutile dans notre société en crise économique et en défaut de vision d’avenir.  Au contraire, c’est un investissement d’avenir :

– c’est se donner les moyens de préserver notre présent sur Terre en trouvant des solutions innovantes à nos enjeux globaux, ceux de notre humanité au-delà de la préservation de notre planète (changement climatique, gestion des ressources, nouvelles sources d’énergie)

– c’est maintenir un haut niveau de créativité (penser et vivre autrement)

– c’est développer notre intelligence scientifique et technique (avec des ingénieurs motivés par des grands projets novateurs)

– et bien sûr, c’est préparer l’avenir pour des missions d’exploration plus lointaine dont Mars fait partie.

Compte-rendu détaillé : ICI