Cadrans de l’abbé Guyoux


Crédit : Jean Rieu

Jean Rieu, membre de la Commission des Cadrans solaires de la SAF,  donnera une conférence sur les cadrans de l’abbé Guyoux le 23 septembre 2022 à 20h45 à Saint-Romain-le-Puy. Cet évènement est organisé par le Club d’astronomie Octan.

Salle Jacques Fréry
3 rue du Collège
42610 Saint-Romain-le-Puy

Cet exposé résume le fruit de quatre années de recherche, suite à la découverte à Jonzieux, dans la Loire, d’un cadran très endommagé et dont personne ne se souciait. Pour en comprendre le fonctionnement et tenter de le restaurer, l’auteur s’est demandé s’il en existait de semblables. Grâce au travail réalisé par un spécialiste des cadrans solaires, Paul Gagnaire, quelques années auparavant, il a trouvé une liste, avec une vague localisation, de quelques cadrans inventés et construits par l’abbé Guyoux(1793-1869), natif de la Loire et curé de Montmerle-sur-Saône, pendant plus de quarante ans. Persuadé de leur intérêt scientifique, patrimonial et pédagogique, l’auteur s’est lancé dans leur recherche, a pris contact avec leurs propriétaires et en a fait restaurer quelques uns. Au total, près de quarante cadrans sont répertoriés. Ces dernières années, deux cadrans ont été construits sur le même principe : une copie à Montmerle et une création à la roseraie de Saint-Galmier. Contrairement à la plupart des cadrans sur les façades, les cadrans équatoriaux à équation de l’abbé Guyoux permettent de trouver l’heure locale avec une précision de l’ordre de la minute. Il suffit, pour chacun, de faire la correction de longitude pour avoir l’heure de la montre. Mais, à l’originalité des cadrans s’est ajoutée celle de leur inventeur. Ce curé de l’Ain qui a vécu à la période où les changements de régimes ont été fort nombreux, qui n’a été ordonné prêtre qu’à 28 ans, à l’époque où l’archevêque de Lyon était en exil, a fait un travail extraordinaire pour sa paroisse qui a été touchée par la terrible inondation de 1840. Il a fait reconstruire l’église, la chapelle des Minimes, son presbytère et a développé l’hôpital du village. La découverte des testaments de l’abbé Guyoux et de l’inventaire de ses biens a été une source d’informations incomparable. L’invention de l’abbé Guyoux a été copiée, sans scrupule, par un nommé Fléchet qui a pris des brevets sans même citer l’inventeur initial. D’autres, comme l’abbé Berthiaud, de Péronnas, ont eu la délicatesse de lui rendre hommage. Ainsi, pour chaque cadran retrouvé, l’auteur a déterminé s’il s’agissait bien d’un cadran de l’abbé Guyoux ou d’un autre de ses successeurs et il a essayé de retrouver des éléments de l’histoire qui pourraient expliquer comment et pourquoi les cadrans sont arrivés là où ils sont. Il ne s’agit là bien souvent que de pistes pour une recherche plus approfondie qui pourrait être faite par de véritables historiens En complément de ce travail, l’auteur a cherché à savoir si l’abbé Guyoux avait pu avoir connaissance des cadrans du pasteur Hahn, qui presque un siècle avant lui, en Allemagne, avait eu une idée semblable. Il s’est également posé la question de savoir comment et par qui les cadrans étaient fabriqués et il a pu montrer que l’abbé Guyoux mettait certainement la main à la pâte.