LES ATMOSPHÈRES PLANÉTAIRES
Vénus, une atmosphère d’enfer….

  • par Gilles Dawidowicz

De toutes les planètes, Vénus est celle qui possède l’atmosphère la plus dense. On peut la comparer à certains égards aux atmosphères de la Terre et de Mars, mais aussi aux atmosphères de certaines lunes des planètes géantes comme celle de Titan par exemple. Avec une pression atteignant 9,3 MPa soit presque 92 atmosphères au niveau 0 de référence (comme sur Mars, ce n’est bien évidemment pas le niveau de la mer qui sert d’étalon), et une température au sol de 740 K (soit environ 465 °C), Vénus est un enfer pour les sondes spatiales comme pour d’éventuels astronautes.

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Ce cliché de Vénus en ultraviolet date du 5 février 1979 et provient de la sonde Pioneer Venus Multiprobe, alias Pioneer 13. Bien que le diamètre et la masse de la planète soient proches de ceux de la Terre, la comparaison s’arrête là. Vénus est une fournaise et son atmosphère, particulièrement turbulente et dynamique, cache bien des mystères. © Nasa

Cette atmosphère est composée d’environ 96 % de dioxyde de carbone et 3,5 % d’azote ; s’y ajoutent de faibles concentrations de dioxyde de soufre et des traces d’argon, de vapeur d’eau, de monoxyde de carbone, d’hélium et de néon. Sur une épaisseur d’environ 90 km, sa structure est nuageuse avec des strates plus ou moins épaisses et opaques, formées de vapeurs, de gouttelettes de dioxyde de soufre et d’acide sulfurique mais aussi de cristaux de glace d’eau. Le puissant effet de serre induit par cette atmosphère est responsable des hautes températures observées.

Le 5 février 1974, la sonde spatiale Mariner 10 a survolé Vénus à 5 794 km d'altitude avant de partir pour Mercure. Elle étudia au passage l'environnement interplanétaire de Vénus et sa haute atmosphère, en prenant des mesures sur le vent solaire et ses interactions avec le champ magnétique de la planète. Elle prend aussi ce cliché historique du globe voilé, en utilisant un filtre dans l'ultraviolet. © Nasa

Le 5 février 1974, la sonde spatiale Mariner 10 a survolé Vénus à 5 794 km d’altitude avant de partir pour Mercure. Elle étudia au passage l’environnement interplanétaire de Vénus et sa haute atmosphère, en prenant des mesures sur le vent solaire et ses interactions avec le champ magnétique de la planète. Elle prend aussi ce cliché historique du globe voilé, en utilisant un filtre dans l’ultraviolet. © Nasa

C'est la sonde Galiléo qui a pris ce cliché de Vénus, le 14 février 1990 à près de 2,7 millions de km de distance. Le traitement de l'image montre que de fortes convections se produisent dans l'atmosphère, près des pôles mais aussi près de l'équateur. © Nasa

C’est la sonde Galileo qui a pris ce cliché de Vénus, le 14 février 1990 à près de 2,7 millions de km de distance. Le traitement de l’image montre que de fortes convections se produisent dans l’atmosphère, près des pôles mais aussi près de l’équateur. © Nasa

Le télescope spatial Hubble n'a pas souvent observé la planète Vénus. Ce cliché du HST date pourtant du 24 janvier 1995 alors que la Terre était à presque 114 millions de km de Vénus. Les nuages, faits d'acide sulfurique, ne permettent pas depuis l'espace d'observer la surface de la planète et ses formations volcaniques. L'ultraviolet aide à préciser la nature complexe des structures nuageuses présentes près des pôles mais aussi des courants que l'on observe à l'équateur. © Nasa

Le télescope spatial Hubble n’a pas souvent observé la planète Vénus. Ce cliché du HST date pourtant du 24 janvier 1995 alors que la Terre était à presque 114 millions de km de Vénus. Les nuages, faits d’acide sulfurique, ne permettent pas depuis l’espace d’observer la surface de la planète et ses formations volcaniques. L’ultraviolet aide à préciser la nature complexe des structures nuageuses présentes près des pôles mais aussi des courants que l’on observe à l’équateur. © Nasa

Ces deux clichés proviennent de la sonde européenne Venus Express et datent du 12 avril 2006, peu après sa mise en orbite. Cette sonde spatiale a pu observer la structure, la composition chimique et la dynamique de l'atmosphère de Vénus pendant 486 jours terrestres. Sur ces images, on observe, en fausses couleurs, le pôle Sud de Vénus et sa structure nuageuse complexe. C'est notamment grâce à l'instrument VIRTIS, un spectromètre dans l'ultraviolet proche, le visible et l'infrarouge que la mission d'observation est un grand succès. Cet instrument franco-italien a ainsi permis l’analyse des couches de l'atmosphère, la température de surface et les interactions entre la surface et l'atmosphère.

Ces deux clichés proviennent de la sonde européenne Venus Express et datent du 12 avril 2006, peu après sa mise en orbite. Cette sonde spatiale a pu observer la structure, la composition chimique et la dynamique de l’atmosphère de Vénus pendant 486 jours terrestres. Sur ces images, on observe, en fausses couleurs, le pôle Sud de Vénus et sa structure nuageuse complexe. C’est notamment grâce à l’instrument VIRTIS, un spectromètre dans l’ultraviolet proche, le visible et l’infrarouge que la mission d’observation est un grand succès. Cet instrument franco-italien a ainsi permis l’analyse des couches de l’atmosphère, la température de surface et les interactions entre la surface et l’atmosphère.

Par son atmosphère, Vénus offre aux planétologues un sujet d’étude fascinant et plein d’avenir : la climatologie comparée. Son observation précise permet d’affiner les modèles mathématiques que l’on utilise pour mieux comprendre et simuler la dynamique de l’atmosphère terrestre. De ce point de vue, Vénus offre un bien meilleur terrain d’étude que la planète rouge…