Les inventaires de la Commission des cadrans solaires

Les inventaires de la Commission des cadrans solaires concernent les instruments de la mesure du temps par les astres : les cadrans solaires, les astrolabes et les nocturlabes, de France et de l’étranger. En octobre de chaque année, suite aux informations reçues ils sont révisés et complétés.

Cadrans solaires de France
L’inventaire 2017 des cadrans solaires de France a été entièrement révisé et comporte :

  • 35 650 lignes de cadrans réparties en 29 679 publics (adresse mentionnée), 1 520 privés (adresse confidentielle), 2 200 disparus ou restaurés et 2 251 en banque de données (informations à compléter).
  • 27 598 photos numériques soit 1 460 en plus par rapport à la saison précédente.
  • 11 458 fiches numériques pour les « public » et 335 pour les « privés ».

Ce sont 52 chasseurs différents qui ont visité environ 1 276 cadrans en 2017.

Cadrans solaires étrangers
L’inventaire 2017 des cadrans solaires étrangers correspond à la saison 2015. Le bilan est le suivant :

  • 553 nouveaux cadrans dont 313 pour l’Italie, 148 pour le Portugal, 30 pour la Suisse, 28 pour l’Espagne…

Bilan général :

  • 14 609 lignes dans l’inventaire réparties en 14 210 cadrans publics, 162 privés et 237 disparus ou restaurés.
  • 2 459 fiches numériques dans le public.
  • 65 fiches numériques dans le privé.
  • 14 040 photos numériques pour le public et 167 pour le privé.

Pays les plus documentés : Italie : 8 961, Autriche : 1 084, Allemagne : 980, Espagne : 861.

La banque de données (cadrans à rechercher/informations à compléter) comporte 17 691 lignes  dont 13 142 pour l’Italie.

Astrolabes

L’inventaire des Astrolabes de France et de l’étranger comporte 1 105 astrolabes, soit 194 de plus qu’en 2016. L’inventaire est accompagné d’une notice mentionnant :

  • les musées exposant des astrolabes
  • les documents sur ce sujet (environ 64 références de livres, articles…).
  • les sites internet.

Ces informations sont classées par pays.

Nocturlabes

L’inventaire comprenait 524 instruments en octobre 2016. En 2017 à la même période, il en contient 543. Sont mentionnés :

  • Le lieu ou la source de l’information : Pays, ville, le nom du musée, de la salle de vente, de l’antiquaire…
  • Les caractéristiques du nocturlabe (époque, origine, facteur, matière, dimensions, signature, particularités…)

 Les cadrans de France

Comme le montre l’inventaire, notre pays possède de nombreux cadrans solaires venant orner églises, châteaux ou maisons particulières… ce qui nous invite à un voyage dans le temps et dans l’espace.

Un voyage dans le temps

Les plus anciens cadrans que nous pouvons découvrir in situ, datent du moyen-âge. Ce ne sont pas véritablement des « horloges solaires », mais des indicateurs « d’instants » pour la prière ou certains offices. C’est pour cela qu’il sont nommés « canoniaux » et se trouvent essentiellement sur les édifices religieux (exemple : le cadran solaire d’Uzeste). Ils se présentent généralement sous forme d’un cercle ou d’un demi cercle divisé en secteurs par des lignes issues du centre où était fiché une tige perpendiculaire portant l’ombre. Le tout était gravé sur une pierre orientée vers le Sud.

Le véritable indicateur des heures est apparu en France vers le XIVe siècle. La grande innovation est que la tige porte ombre (le « style ») devient parallèle à l’axe de rotation de la terre et que les lignes horaires tracées sur la « table » sont en relation avec celui-ci. Les heures deviennent ainsi de durées égales quel que soit l’instant du jour ou de l’année.

Les cadrans les plus répandus sont verticaux. Ils ornaient à l’origine les églises, les édifices publics et les châteaux puis les maisons bourgeoises. Les cadrans horizontaux sont moins nombreux. La fin du XVIIe et le début XVIIIe ont vu naître des stèles gnomoniques comportant de nombreux cadrans : plans, en creux ou coniques et de différentes orientations. Il s’agissait d’une démonstration du savoir faire de l’époque (exemple : le cadran solaire à l’église de Saint-Pardoux-La-Rivière).

Vers 1730 apparaît le tracé des « courbes en 8″ appelées « méridienne de temps moyen ». Elles représentent l’écart de temps entre le « midi moyen » celui donné par les horloges et le « midi vrai » indiqué par le cadran solaire. Pour une horloge, il est midi toutes les 24 heures, alors qu’entre deux « midis vrais » l’écart varie suivant la saison (équation du temps) (exemple : cadran solaire de l’abbaye de l’Epau)

Des « méridiennes de temps moyen » furent réalisées en série dans la dernière moitié du XIXe siècle. Elles étaient fournies avec les horloges des églises pour les mettre à l’heure… du soleil (« Il faut régler les horloges suivant le cours du soleil » depuis 1641). On rencontre encore ces méridiennes industrielles principalement en Alsace, Lorraine et Franche-Comté.

Avant la victoire finale de l’horloger sur le cadranier (victoire imposée par le chemin de fer), notons des cadrans particulièrement précis tels :

  • les cadrans à équation de l’abbé Guyoux lancés dans les années 1825, pourvus d’une alidade et d’une lentille.
  • l’héliochronomètre de Fléchet en 1860, reprenant le principe de celui de l’abbé mais traçant la courbe en huit sur une calotte sphérique (exemple : cadran solaire à Saint-Martin-Le-Vinoux).
  • les cadrans « Bollée » dans les années 1880. Quelques exemplaires sont visibles dans la ville du Mans.

L’inventaire des cadrans solaires nous révèle d’autres cadrans originaux, signalons :

  • Les cadrans analemmatiques. Les heures sont indiquées sur une ellipse. C’est généralement l’observateur qui se plaçant sur la date du jour, indique l’heure par son ombre. Celui de Brou à Bourg en Bresse daterait de 1506.
  • Les cadrans bifilaires inventés par l’allemand H. Michnick en 1922.

Un voyage dans l’espace

Dans l’inventaire 2017, les 5 départements les plus prolifiques sont la Charente-Maritime 41, l’Isère 38, l’Oise 38, la Savoie 32, l’Aisne 28. La réalisation d’un cadran varie en fonction du « cadranier » et des matériaux disponibles. Il est possible de définir pour certaines régions de France un modèle de référence.

En Bretagne, le cadran caractéristique est gravé sur une ardoise circulaire. Il comporte dans la partie supérieure un motif religieux. Au-dessous les lignes horaires sont en forme de rayons chiffrés dans une couronne. Le style est en « chevron ».

Dans la presqu’île du Cotentin, nous trouvons sur les églises, des cadrans méridionaux orientés, en forme de « calice » . Les lignes horaires gravées dans la pierre, sont contenues dans un demi-cercle. Le style est également en « chevron ».

Les églises du Pays-Basque nous offrent des cadrans méridionaux gravés sur une pierre reposant sur deux corbeaux pour mieux les orienter vers le Sud. Sur les façades des maisons les cadrans sont généralement peints.

Dans le briançonnais les cadrans sont peints ou à fresque avec décorations animales dont le fameux cadranier Zarbula à donné l’exemple. Le style est rectiligne.
En Alsace nous trouvons des cadrans particulièrement décorés, peints sur les murs.

Pour participer aux inventaires, pour se les procurer, pour les charger sur son smartphone, pour en savoir plus…

contacter le secrétariat de la SAF : secretariat@saf-astronomie.fr

et visiter le site de la commission, principalement les onglets  Outils  (logiciels, vidéos…) et Cadran-info (articles parus dans la revue de la commission).