QUAND LES ASTRONOMES DE LA SAF SE PRÉPARAIENT À OBSERVER L’ÉCLIPSE DU 29 JUIN 1927 DEPUIS LA TOUR SUD DE NOTRE-DAME

Installation des lunettes photographiques sur la tour sud de Notre-Dame

En ces instants dramatiques de l’incendie de Notre-Dame de Paris, la Société astronomique de France souhaitait rappeler que la cathédrale a aussi été utilisée comme lieu d’observation. Le 29 juin 1927 avait lieu une éclipse totale de Soleil. A Paris, l’éclipse était partielle (maximum de l’éclipse à 5:15 UT, hauteur du Soleil : 11°, mag. 0,9). On peut lire dans l’Astronomie (1929, p. 338 – 340) un article de M Henri Kannapell qui décrit l’installation de plusieurs lunettes photographiques, ainsi que d’un sidérostat* construit en pièces « Meccano », qui furent utilisés lors de l’éclipse. L’auteur accompagné de MM. Druet et Gaillard, tous astronomes amateurs, précise que grâce à l’obligeance de M. le Chef des Monuments Historiques, ces instruments ont été montés sur la tour sud de Notre-Dame. Il précise qu’une légère éclaircie a permis de prendre trois photographies du phénomène. Les photos ci-dessous montrent l’installation sur la tour sud.

Autre aspect de l’installation photographique sur la tour de Notre-Dame

Petit sidérostat construit en pièces « Meccano®»

Jean-Claude Berçu, président de la commission Histoire de l’Astronomie

*Le sidérostat est un système inventé par Léon Foucault (1819-1868). Il réfléchit les rayons provenant d’un objet céleste dans une direction constante malgré le mouvement de rotation de la Terre. Un système bielle-manivelle motorisé permet de renvoyer la lumière sur un instrument (lunette ou télescope) qui peut donc rester fixe. Le sidérostat ne comporte qu’un seul miroir, le champ visé n’est pas fixe, il tourne autour du point visé. L’axe de rotation peut être fixe dans la direction des pôles (il est dit sidérostat polaire).